Le flamant rose est un grand échassier des eaux salées et saumâtres. Sa couleur, la forme de son bec et sa posture découlent d'un mode d'alimentation par filtration. L'espèce vit en colonies dans les lagunes, les salins et les lacs alcalins.
Le flamant rose est l'un des rares oiseaux que tout le monde reconnaît sans hésiter. Sa silhouette est devenue un motif décoratif, une image de vacances, un symbole de la Camargue. Derrière cette familiarité se cache un animal beaucoup plus intéressant que sa réputation ne le laisse penser, dont chaque trait résulte d'une adaptation à un milieu que presque aucune autre espèce ne supporte.

Les lagunes saumâtres, les salins et les lacs alcalins où il se nourrit sont des milieux hostiles. L'eau y est trop salée pour la plupart des poissons, parfois corrosive, souvent dépourvue de végétation. Peu d'espèces peuvent y vivre, et c'est précisément ce qui fait la fortune du flamant, qui exploite une ressource que personne ne lui dispute, une soupe de micro-organismes que son bec sait filtrer et que son organisme sait supporter grâce à des glandes qui éliminent l'excès de sel.
Contrairement à la plupart des oiseaux colorés, le flamant ne fabrique pas son pigment. Il l'emprunte à sa nourriture, notamment à une petite crevette des eaux salées chargée en caroténoïdes, les mêmes molécules qui colorent la carotte. Un flamant mal nourri pâlit, et un poussin naît gris. Le rose n'est donc pas un simple ornement, mais un indicateur visible de la santé de l'oiseau et de la richesse de son milieu, ce qui en fait un excellent témoin de l'état des zones humides.
Le flamant est grégaire jusqu'à l'excès. Il se nourrit en groupe, se déplace en groupe, se reproduit en colonies qui peuvent réunir plusieurs milliers de couples. Cette densité extrême, bruyante et bousculée, n'est pas un défaut d'organisation mais une stratégie qui synchronise les pontes, dilue le risque de prédation et permet aux parents de retrouver leur unique poussin au milieu de milliers d'autres, uniquement à la voix.